La Philharmonie

Avec la Philharmonie, Jean Nouvel propose une architecture novatrice qui s’intègre au parc de la Villette et à la périphérie de Paris.

La Philharmonie concrétise un rêve déjà ancien : le projet initial de la Cité de la musique comprenait un grand auditorium destiné à compléter l’offre de la Salle des concerts et de l’Amphithéâtre. Mais la Philharmonie ne se contente pas d’être la grande salle de concert qui manquait à Paris, elle répond aux enjeux de notre époque, offrant aux orchestres résidents ou invités les conditions de travail optimales qu’ils ne trouvaient pas dans la capitale, et proposant de nombreux espaces à même d’accueillir des actions pédagogiques destinées à ouvrir les portes de la musique au plus grand nombre. Au terme d’un concours, c’est le projet de Jean Nouvel qui a été retenu pour ce nouveau bâtiment.

Un lieu de vie pour la musique

Bâtiment minéral aux allures de butte intégré au parc de la Villette, la Philharmonie offre des formes novatrices. Ses tournoiements d’aluminium brillant autour de la salle de concert centrale contrastent avec son enveloppe mate aux angles élégants, recouverte d’un pavement d’oiseaux dans différentes nuances de gris.

D’une hauteur de 52 mètres, la Philharmonie est un repère dans le nord-est parisien. La Philharmonie est également une balise dans le parc de la Villette. Mais plutôt que de chercher à le dominer, l’édifice s’inscrit dans son contexte urbain et architectural, dialoguant avec les autres architectes du site (Christian de Portzamparc pour la Cité de la musique et le Conservatoire, et Bernard Tschumi avec ses célèbres « folies »).

340 000
oiseaux d’aluminium

Extérieur de la Philharmonie © J. Mignot

Au-delà de la magie de la musique, la Philharmonie a été conçue comme un véritable lieu de vie où se croisent artistes et publics. De nombreux services y sont proposés. Au sixième étage, le restaurant Le Balcon, cosy et chaleureux, offre une vue panoramique sur le parc, tandis qu’en rez-de-parc, un lieu à l’esprit café décontracté, l’Atelier - Café, propose une restauration à consommer sur place ou à emporter. Outre les lieux de restauration et les bars répartis autour des salles de concert, le public peut déambuler dans les espaces qui entourent la Grande salle Pierre Boulez. Il peut également se promener sur le Belvédère de la Philharmonie, situé à 37 mètres de haut et offrant une vue panoramique dans laquelle la ville et sa banlieue se confondent.

« La Philharmonie existe comme un événement prestigieux qui entretient des relations harmonieuses avec le parc de la Villette, la Cité de la musique et le boulevard périphérique. Nous jouons d’harmonies successives, d’harmonies urbaines. »

Jean Nouvel
Architecte de la Philharmonie de Paris

La Grande salle Pierre Boulez

Un véritable tour de force architectural  : une salle enveloppante conjuguant l’immersion du public dans l’espace et la musique avec une intimité d’écoute inédite.

Une nouvelle typologie

La Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie invente un nouveau modèle, celui d’une salle enveloppante et modulable. Une innovation à la fois architecturale, scénographique et acoustique, ni salle en « boîte à chaussures » (comme le Musikverein de Vienne), ni salle en « vignoble » (comme la Philharmonie de Berlin).

Vues de drone de la Grande salle Pierre Boulez, 2015

En dépit de sa jauge de 2 400 places assises, la salle instaure une véritable intimité. Une sensation bien réelle, puisque la distance entre le chef d’orchestre et le dernier spectateur n’est que de 32 mètres (contre 48 mètres à la Salle Pleyel).

« La salle évocatrice des nappes immatérielles de musique et de lumière suspend des auditeurs-spectateurs dans l’espace sur de long balcons… Cette suspension crée l’impression d’être entouré, immergé dans la musique et la lumière. »

Jean Nouvel
Architecte de la Philharmonie de Paris

Une acoustique de référence

Jean Nouvel, assisté de Métra et associés (associés à la salle de concert), a développé avec Marshall Day Acoustics et Ducks Scéno un système audacieux de balcons en porte-à-faux et de nuages flottants alliant enveloppement, intimité et spatialité. La scène offre la possibilité d’accueillir tous les types de formations orchestrales, même les plus imposantes. La Grande salle Pierre Boulez comprend également un orgue, fabriqué par la manufacture Rieger, destiné tout particulièrement au répertoire symphonique.

Grand orgue de la Philharmonie de Paris – Grande salle Pierre Boulez © W. Beaucardet, 2015
Grand orgue de la Philharmonie de Paris – Grande salle Pierre Boulez © W. Beaucardet, 2015

L’acousticien sous-traitant de Jean Nouvel est le Néo-Zélandais Sir Harold Marshall de la société Marshall Day Acoustics. Il a collaboré avec Zaha Hadid à l’Opéra de Canton et est considéré comme le pionnier des réflexions latérales et un grand innovateur de salles de concert. Jean Nouvel a d’autre part bénéficié de l’expertise personnelle du Japonais Yasuhisa Toyota, associé notamment au Walt Disney Concert Hall de Los Angeles.

Le programme (établi par Kahle Acoustics) exigeait une réponse acoustique combinant haute clarté sonore et ample réverbération. Il nécessitait aussi une approche favorisant les réflexions latérales et une grande intimité, le tout dans une typologie de salle nouvelle. La solution se trouve dans un système audacieux de balcons flottants qui créent un espace intime et un volume extérieur allongeant la réverbération. Ce nouveau modèle unit réflexions latérales, son direct et réverbération pour aboutir à une acoustique mêlant clarté et chaleur.

À noter enfin qu’un autre défi acoustique, et non des moindres, est d’être parvenu à isoler la salle des bruits environnants, la Philharmonie étant située à proximité du boulevard Sérurier, du périphérique et du Zénith. Le concept mis en œuvre est celui de la « boîte dans la boîte », grâce à la désolidarisation des murs, sous la direction de Studio DAP. On retrouve à nouveau l’idée, tout à la fois poétique et technique, d’une « salle flottante ».

Une flexibilité scénique

L’une des spécificités de la Grande salle Pierre Boulez de la Philharmonie réside dans sa modularité : elle est en mesure de s’adapter à différents genres musicaux tout en offrant à chaque fois le meilleur confort visuel et auditif.

Concert symphonique (The Cleveland Orchestra, Franz Welzer) © J. Mignot, 2017
Spectacle - 200 Motels, The Suites © M. Guthfreund, 2018
Concert musique contemporaire – Répons de Pierre Boulez (Ensemble intercontemporain) © Philharmonie de Paris, 2015
Ciné-concert – Visitors (Orchestre de Paris, Michael Riesman) © Ava du Parc / Philharmonie de Paris, 2017

Pour développer cet aspect, Jean Nouvel, assisté de Métra et associés, a étroitement travaillé avec Marshall Day Acoustics, ainsi qu’avec l’agence Ducks, spécialisée dans la scénographie des salles de concert et déjà à l’œuvre à l’Opéra de Lyon et à Copenhague. En configuration symphonique, les spectateurs entourent l’orchestre. Les places situées derrière la scène, en gradin, accueillent un chœur si l’œuvre interprétée l’exige ou, le plus souvent, du public. Ces gradins arrière sont escamotables, ce qui permet de reculer la scène et d’agrandir le parterre – une configuration utilisée pour les opéras en version de concert, les ciné-concerts ou les concerts de musique amplifiée. Autre concept novateur : les fauteuils du parterre peuvent être retirés pour accueillir le public debout à l’occasion des concerts de musiques actuelles, portant la capacité de la salle à 3 500 places. La configuration de la salle est également idéale pour les œuvres spatialisées, comme Gruppen de Stockhausen ou Répons de Boulez.

2 400 places
en configuration symphonique

3 500 places
en configuration musiques actuelles

Changement de configuration de la Grande salle Pierre Boulez avant le concert Sleep de Max Richter, 2017

Le Studio

À la fois salle de répétition et de concert, le Studio se prête à une multitude de configurations.

La scène du Studio, identique à celle de la Grande salle Pierre Boulez, offre aux orchestres symphoniques un espace de répétition privilégié. L’un de ses murs dispose de gradins amovibles pouvant accueillir un chœur ou du public. Le Studio est également une salle de concert idéale pour la musique de chambre, les musiques actuelles et des projets spéciaux (danse, vidéo, etc.).

L’Espace d’exposition

La Philharmonie de Paris dispose d’un vaste espace lui permettant d’accueillir des expositions en rapport avec sa programmation.

L’Espace d’exposition, d’environ 800 mètres carrés, est un élément d’appel et d’animation de la Philharmonie de Paris en journée. Accessible depuis le rez-de-parc, il a été conçu de manière à pouvoir s’adapter aisément aux différentes scénographies.
Il bénéficie d’une grande hauteur sous plafond favorisant, d’une part, l’installation d’œuvres de grandes dimensions et, d’autre part, des mises en scène très spectaculaires. Il dispose également d’une salle destinée à diffuser de la musique.

Espace temporaire d’exposition – Exposition Barbara © W. Beaucardet, 2017

Enfin, des installations scéniques performantes – notamment en matière d’équipement numérique, d’éclairage, de climatisation et de sécurité – permettent de présenter des œuvres venant de tous les grands musées du monde et de les mettre en relation avec des installations sonores et visuelles.

Les espaces éducatifs

La Philharmonie de Paris, dont la dimension pédagogique constitue un axe fort, comprend de nombreuses salles destinées à l’initiation à la musique ou au perfectionnement.

1 800 mètres carrés sont réservés au pôle pédagogique. Situé au niveau rez-de-parc, il comprend trois salles de cours, deux salles d’éveil à la musique, cinq salles de pratique collective, cinq salles de pratique instrumentale individuelle, un petit studio permettant aux animateurs d’enregistrer des ateliers et une salle de pique-nique où les groupes peuvent faire une pause déjeuner ou goûter.

La Salle de conférence

Dotée de 170 places et d’équipements modernes, la Salle de conférence accueille colloques, séminaires, rencontres ou projections dans les meilleures conditions.

Salle de Conférence – Conférence de Charlotte Ginot-Slacik © P. Célarié, 2015

Les espaces de répétition

La Philharmonie de Paris dispose de nombreuses salles de répétition, couvrant les différents besoins des artistes et formations qui s’y produisent.

Outre le Studio, la Philharmonie est dotée de cinq salles de répétition : pour les formations intermédiaires, pour les petites formations, pour les cordes, pour la musique vocale et pour les percussions (cette dernière dispose d’un espace de rangement pour les instruments). Enfin, une dizaine de petits studios sont dédiés au travail en solo ou en formation de chambre.

Salle de répétition – Percussions © N. Borel, 2015
Studio son © N. Borel, 2015

Le Belvédère

Situé à 37 mètres au-dessus du sol, le Belvédère de la Philharmonie offre un point de vue unique sur l’ensemble du nord-est du bassin parisien.

L’architecte Jean Nouvel a pensé la Philharmonie comme une colline accessible au public, la troisième de la ville avec les Buttes-Chaumont et la Butte Montmartre. Le belvédère offre un point de vue unique sur l’ensemble du nord-est du bassin parisien dans lequel Paris et sa banlieue se confondent en un seul tapis urbain. La continuité du paysage qui s’offre à la vue depuis ses hauteurs est emblématique du projet de la Philharmonie de Paris, trait d’union entre la capitale et ses territoires environnants, point de rencontre de tous les publics.

Le belvédère est accessible au public du mercredi au dimanche de 12h à 20h, le vendredi jusqu’au coucher du soleil. Des ascenseurs extérieurs y conduisent le public, qui peut ensuite s’il le souhaite redescendre par un chemin serpentant sur le versant nord du bâtiment jusqu’à la pelouse du parc de La Villette.